La Vraie et parfaite science des armoiries
est le titre de l’ouvrage de Pierre Palliot paru en 1660.
Ce dictionnaire de blason classique est ici retranscrit, adapté et illustré  par nos soins.

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Lambrequins
[Après des considération étymologiques, Palliot introduit la différence entre lambrequins et mantelets.]

Ce n'est rien que le timbre s'il n'a les ornements ; les lambrequins en font partie. Ce sont ces panaches qui en sortent par derrière, et s’épanchent autour de l'écu. Les uns sont faits et formés de feuillages posés et entremêlés les uns dans les autres ; il y en a qui sont composés de plumes naturelles, mais ils sont moindres en honneur.

Un moderne, qui ne se nomme pas, dit que l'on les nomme lambrequins, comme qui dirait lamequins, à cause qu'ils sont de feuilles et de petites lames, à ce qu'il présuppose, qui est une étymologie sans fondement. Car encore que les lames de fer se qualifient quelquefois feuilles, comme nous disons "une feuille de fer blanc", "une feuille de scie" pour le fer et la lame de cet outil qui sert à quelques artisans, et telle que l'on en voit dans les armes de la maison de Cossé ; si est-ce que cette de dénomination n'est pas conversoire. Je veux dire que pourtant la feuille d'un arbre, ou d'une herbe ne fut jamais appelée, lame d'où il s'ensuit que jamais lambrequins ne furent composés de lames mais de plumes d'oiseaux, ainsi que Pline dit que les soldats de son temps se servaient de plumes d'autruche pour garnir leur armets et morions, ou de feuilles d'arbres et d'herbes, aussi bien que les couronnes de chêne, de laurier, de rue et de lierre.

Par les règles de l'art, le fond et le gros du corps des lambrequins doit être de l'émail du fond et champ de l'écu, et les bords des autres émaux des armoiries, qu'il faut mélanger : ainsi mêler l'argent et le gueule aux lambrequins du marquis de Bourbonne, du surnom de Livron, qui porte d'argent à une fasce de gueule de trois pièces, au canton du premier chargé d'un roc d'échiquier du second.



Ceux qui ont voulu donner l'origine de ces lambrequins, comme La Colombière, disent qu'elle est très ancienne, et que ce qui, à présent, ne sert que d'ornement autour de l'écu, était comme un habillement de tête que les anciens hérauts appelaient volet, parce qu'il "volait" au gré du vent, qui n'était attaché qu’au-dessus du casque avec un tortil ou un bourrelet composé de cordons et rubans entrelacés des couleurs et métaux de leurs armes, ce qui servait à tenir ferme le cimier ; et de ce volet, les chevaliers couvraient leur casque pour empêcher que l'acier de leurs heaume ne s’échauffasse par l'ardeur du soleil, comme aussi pour les préserver de la pluie et autres injures du temps ; de même que leurs cotte d’armes à couvrir le reste de leurs armes, auquel il servait d'accompagnement, et corriger la mauvaise grâce qu'il eussent eue, si le casque était demeuré à découvert.

Quelques-uns portaient pour le même usage des mantelets qui étaient plus larges et plus court que les volets, qui enveloppaient le casque et l’écu et les mettaient mieux à couvert ; et comme ces volets ou mantelets portés par les vaillants et généreux guerriers, qui s'enfonçaient par leur valeur dans le plus fort des combats et des batailles, en retournaient chargés de coups, et leur volets ou mantelets tout hachés et pendants en lambeaux, de là est venu le mot de lambrequins, car plus il étaient déchirés et en lambeaux, plus il faisaient gloire de les porter, parce qu'il était estimé d'avoir été plus avant et plus souvent dans les batailles. Ainsi sont encore à présent les cornettes et enseignes des compagnies de cavalerie et d'infanterie, qui portent avec plus d'honneur leurs cornettes et drapeaux tous déchirés qu’étant neufs et tout entiers.

Nous voyons encore quelques maisons, qui se servent de ce mantelet au lieu de lambrequin. Campanile, dans son livre del insigne de Nobili en orne entre autres famille du royaume de Naples celle Dell’Aquilla, qui porte d’azur à une aigle couronnée à l’antique d’argent.

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